Alors qu’une nouvelle grève des éboueurs dure depuis plusieurs semaines dans les Bouches-du-Rhône, le syndicat Force Ouvrière, a à son tour, déposé un préavis de grève à Marseille. Une réunion entre les syndicats et la Métropole s’est aussi tenue ce mardi.

La grève des éboueurs dans les Bouches-du-Rhône continue de prendre de l’ampleur. Alors que plusieurs villes du département comme Fos-sur-Mer ou Miramas connaissent depuis plusieurs semaines une grève de leurs éboueurs, le mouvement ne cesse de s’étendre.

FO, syndicat majoritaire, rejoint le mouvement

À Marseille, plusieurs syndicats dont la CGT et l’UNSA avaient déposé à la fin du mois de novembre un préavis de grève. Désormais, c’est le syndicat majoritaire dans la profession à Marseille Force Ouvrière (FO), qui a rejoint cette semaine le mouvement, selon France Bleu. L’organisation avait déjà repris plus tôt la contestation à Aubagne.

Les éboueurs souhaitent notamment que la pénibilité de leur métier soit davantage reconnue et réclament également des augmentations salariales. Pour tenter de trouver un accord, alors que déchets et poubelles commencent à s’accumuler dans les rues de Marseille, une réunion a été organisée ce mardi entre l’ensemble des syndicats et la Métropole.

La CGT a fait part de sa satisfaction d’avoir été reçue par la collectivité. Véronique Dolot, coordinatrice des sections collecte à la CGT Métropole salue cette “ouverture” mais rappelle toutefois qu’aucun accord n’a été trouvé et que les demandes des éboueurs n’ont pas été acceptées.

“La grève elle n’est pas réglée. On est content qu’ils nous aient entendus mais on espère qu’ils vont redoubler d’efforts pour aller le plus vite possible. Maintenant, l’avenir du mouvement de contestation reste entre les mains des agents”, rappelle la syndicaliste CGT au micro de BFM Marseille.

Une “écoute mutuelle” lors de la première réunion entre syndicats et la Métropole

Yves Moraine, conseiller départemental des Bouches-du-Rhône, chargé de ce dossier par la présidente de la Métropole Martine Vassal, a assuré de son côté que la réunion s’est “bien passée”.

“L’écoute a été mutuelle, le dialogue a été construit et on est allé sur le fond des difficultés parce qu’il y en a, du fait d’une loi qui modifie grandement la situation des agents”, soutient l’élu au micro de BFM Marseille.

La loi de transformation de la fonction publique que doit appliquer la Métropole est au cœur de la colère des éboueurs. Cette réforme prévoit une augmentation de leur temps de travail pour passer aux 35 heures par semaine. Fin septembre, une première grève massive des éboueurs s’était produite à Marseille contre cette réforme. Finalement après des négociations entre FO et la Métropole, un accord avait été trouvé le 1er octobre pour accorder une baisse de 9,5% de temps de travail sur l’année aux éboueurs marseillais. Aujourd’hui, Yves Moraine s’étonne du choix de FO de rejoindre à nouveau le mouvement de contestation.

“FO a signé une reconnaissance de la pénibilité à hauteur de 9,5% et un certain nombre d’autres solutions. Là, on travaille pour voir ce qu’on peut améliorer, et avant l’issue de ce travail, alors même qu’on est sur la base de ce qu’ils ont accepté, ils déposent un préavis de grève. J’ai peur qu’on soit dans des intérêts personnels, politiques et syndicaux et ça c’est pas acceptable”, dénonce l’élu des Bouches-du-Rhône.

Contacté par France Bleu, le secrétaire général des agents marseillais de FO Patrick Rué, justifie la décision de son organisation par “le flou” existant après l’accord conclu.

Une nouvelle réunion prévue la semaine prochaine

Afin de mettre fin à cette situation pour le moment bloquée, Yves Moraine a annoncé qu’une nouvelle réunion allait se tenir mardi prochain avec les syndicats. Il espère arriver à un accord grâce notamment à de nouvelles propositions. Selon lui, la Métropole “tend la main” aux organisations syndicales. Il appelle maintenant les syndicats à faire preuve de responsabilité.

“Si d’ici mardi prochain, on est face à un mur, on ne continuera pas à tendre la main indéfiniment. (…) Nous prendrons les dispositions pour que les Marseillais ne subissent pas une énième fois des tas d’immondices dans la rue et les risques sanitaires qui vont avec”, avertit Yves Moraine.

Ce dernier assure qu’un certain nombre de dispositions sont possibles comme “l’appel aux réquisitions d’agents”.

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Si un accord n’est finalement pas trouvé la semaine prochaine, le conflit pourrait bien se prolonger jusqu’aux fêtes de fin d’année. Les Marseillais passeraient alors Noël en connaissant une grève des éboueurs pour la deuxième année d’affilée. En décembre 2020, plus de 200 salariés de l’entreprise Derichebourg-Polyceo, chargée du ramassage des déchets dans les 2e, 15e et 16e arrondissements de la ville avaient fait grève. Un accord avait été conclu le 30 décembre après 13 jours de conflit et 900 tonnes de déchets non ramassés.

Gauthier Hartmann

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Où en est la grève des éboueurs à Marseille? – BFMTV
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