Ils sont venus en couple, de Levallois (Hauts-de-Seine), pour dire qu’ils n’en peuvent plus. De quoi ? Des embouteillages, des limitations de vitesse. « Avant, je rejoignais le 17arrondissement sans problème avec ma petite Fiat, raconte Mme Hautain, 67 ans. Maintenant, ce n’est plus possible. Les rues sont bloquées. Et les 30 km/h, j’ai essayé, ça ne marche pas. Alors je suis obligée de venir à pied. » Son mari opine : « Et puis, les rues sont d’une saleté répugnante. »

Sur le parvis de la mairie de Paris, ce dimanche 10 octobre, chacun est venu avec son motif de mécontentement. « [Anne] Hidalgo détruit le joli mobilier urbain », s’énerve Bernard B., 72 ans. « Avec elle, la dette atteint 3 478 euros par personne, ou 3 488, je ne sais plus », récite Mme Petit. « Moi, c’est l’abattage de la glycine de Montmartre, en mars, qui m’a vraiment mis en colère », se souvient Sandra. D’autres critiquent le crack, les matelas sur les trottoirs, les plots laids et dangereux qui délimitent les pistes cyclables, l’urbanisme provisoire qui dure… Aussi, quand fuse le slogan « Hidalgo démission », tous le reprennent à l’unisson. « C’est la convergence des luttes ! », rigole un des élus Les Républicains (LR) venus appuyer la manifestation.

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Les Parisiens les plus remontés contre la maire de la capitale, Anne Hidalgo, ont longtemps pesté séparément. Au printemps, les réseaux sociaux ont fait s’agglomérer des mécontentements variés. D’abord sur Twitter et Facebook ; désormais « IRL » (In real life), dans la vraie vie. Plusieurs centaines de manifestants, souvent assez âgés, s’en sont ainsi pris, dimanche, à l’élue socialiste, accusée de « saccager Paris ».

« Mise en scène ad nauseam »

« Depuis que je suis née, je n’ai jamais vu Paris dans un état aussi dégradé, affirme Nathalie, une assistante commerciale de 43 ans, ex-électrice de Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate de la droite à la Mairie de Paris en 2014. J’en parlais à mes amis. Sur Twitter, j’ai vu que beaucoup d’autres partageaient cet avis, et qu’on pouvait interpeller les élus. Aujourd’hui, c’est ma deuxième manifestation avec #SaccageParis. »

La Mairie de Paris prend au sérieux ces attaques. Même si le mouvement n’a rien d’un raz-de-marée, il fait tache, alors qu’Anne Hidalgo veut s’appuyer sur son bilan parisien pour mener sa difficile campagne présidentielle. « Nous n’ignorons rien des problèmes que dénonce #SaccageParis, assure Emmanuel Grégoire, le premier adjoint. Mais cette mise en scène ad nauseam de situations exceptionnelles nous paraît excessive. »

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A Paris, les anti-Hidalgo passent des réseaux sociaux à la manifestation classique – Le Monde
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